En 1994, le pays a connu une guerre civile et un génocide présents à la mémoire de chacun. Ces événements dramatiques ont eu pour effet de bouleverser la construction de chaque individu et l’équilibre social de tout un peuple : les troubles psychiques, l’isolement des personnes et notamment les personnes âgées en sont une des conséquences les plus marquantes.
Il existe au Rwanda un seul hôpital psychiatrique capable de soigner les troubles psychiques les plus graves, l’hôpital de Ndera à Kigali, des services de psychiatrie dans les hôpitaux du pays commencent à se développer. L’urgence pour les soignants est de permettre aux personnes malades de « se reconnecter à la vie ». Or, certaines personnes malades n’ont plus de famille et leurs repères culturels sont morcelés, ce qui rend difficilement pensable cette connexion. L’importance des besoins en soins psychologiques post-traumatiques et le grand isolement des « sans autrui » dans une société dont l’un des fondements est la solidarité familiale aggravent la perte des repères culturels.
L’association ISSARAU (Inclusion socioculturelle des sans autrui au Rwanda d’Aujourd’hui)regroupe des Français et des Rwandais, des professionnels intervenant dans la réinsertion sociale et professionnelle et des proches intéressés par ce projet.
Elle a pour objectif de contribuer à la reconstruction des « sans autrui » en s’appuyant sur des supports culturels et artistiques traditionnels et contemporains au Rwanda, afin de contribuer également à la sauvegarde de la culture rwandaise qui est aujourd’hui menacée de disparition.
L’histoire du projet
Béatrice Uwambaje, aujourd’hui directrice de structure médico-sociale d’origine rwandaise, qui est née au Rwanda et y a vécu jusqu’en 1994, date de déclenchement du génocide, constate que l’âme de la culture rwandaise est en voie de disparaître, et sera dans les prochaines années conservée au mieux au statut de « relique ».
Ses rencontres avec un certain nombre de personnes, essentiellement des personnes sans autrui qui vivent à l’hôpital psychiatrique de Ndera, et leurs soignants sont déterminantes. Elle prend conscience que les personnes fragiles psychiquement au Rwanda parviennent difficilement à se reconstruire dans un univers où tout a été rompu, cassé brutalement, et où le collectif, le culturel, ne jouent plus leur rôle de contenant, d’étayant et de structurant. Elle observe alors l’importance des besoins d’accompagnement à apporter en termes de santé mentale aux personnes qui ont été traumatisées par le génocide et qui se sont retrouvées sans autrui.
Mars 2007
Elle fonde l’association Rwanda Terre Rouge dont le but principal est « de tenter d’accompagner ces personnes sans autrui à recréer des ponts entre le passé et le présent afin de se réapproprier leur histoire, leur vie et de structurer un éventuel projet de vie. »
En 2009
Béatrice Uwambaje, Marie Escure, Sophie L’Hermite, psychologues cliniciennes à Paris et cofondatrices de l’association, ainsi que Marie-Noëlle Besançon, psychiatre et fondatrice de l’association les Invités au Festin partent au Rwanda pour une mission d’étude de faisabilité du projet de l’association Rwanda Terre Rouge.
Elles se rendront compte non seulement de la pertinence de ce projet dans le contexte socioculturel actuel du Rwanda, mais aussi des besoins criants en matière de réhabilitation psychosociale pour les malades psychiques en général et les sans autrui en particulier, dans un pays qui jadis basait son modèle sociétal sur la solidarité familiale, sociale et culturelle.
Elles mesureront également le décalage entre la dynamique dans laquelle est engagé le pays, avec le besoin explicite de ne pas se cristalliser sur le passé même s’il reste gravé dans la mémoire tant collective qu’individuelle, et le choix du nom de l’association : Rwanda Terre Rouge, trop chargé de connotations qui ravivent les souffrances passées. Ainsi, l’association sera renommée dès octobre 2009 et deviendra ISSARAU, sans rien changer, ni de ses objectifs, ni de son éthique.
Cette mission confirme l’acceptabilité du projet par les institutions et les soignants au Rwanda.
2014
Acquisition de deux terrains à Rulingo, banlieue de Kigali grâce à une subvention de la FONDATION Marie-Noëlle et Jean Besançon des Invités Aux Festins, nos partenaires.
Février 2015
Mission d’évaluation des besoins et des conditions de faisabilité de à Rutongo avec Béatrice, Sophie, Antoine Baroin des Invités Aux Festins. Convention signée avec le service de soin psychiatrique de Rutongo et Issarau (France) /Issarau (Rwanda).
Obtention d’une subvention de la région Franche Conté et la ville de Besançon qui a permis la location d’un local pour 2 ans et de financer les salaires d’une coordinatrice, d’un berger et d’un gardien.
En France : Campagne de parrainage pour achat de ruches, des semences et du bétail.
Nous recrutons Blandine, psychologue, qui sera notre chargée de coordination.
Juin 2015
Vente artisanat, expo photos au Moulin à café à Paris (75014)
2016
1ère newsletter
Août 2016
Voyage de Béatrice, rencontre avec les bénéficiaires
Décembre 2019
Marché de Noël au Marché couvert du Pré-Saint-Gervais
Décembre 2020
Cagnotte de 400 €
Mars 2024
Cagnotte de 280 €
Juin 2024
Béatrice et Marie participent à la course des Héros au parc de Saint-Cloud : 800 €
Août 2026
Voyage de Béatrice, rencontre avec les bénéficiaires
Septembre 2026
Obtention d’une subvention par la fondation Melania (Pays-bas) pour financer un atelier couture (achat de matériel et financement de l’animation de l’atelier par une couturière).
